IME du Puits-de-Calès : les jeunes deviennent électeurs
Je suis content d’aller voter, je me sens plus responsable, « c ‘est comme si je prenais ma vie en main », s’exclame Lucas Vagnet à l’idée d’aller voter pour la première fois, à I ‘occasion de l’élection présidentielle.
Le jeune homme de 19 ans fait partie de l’institut médico-éducatif (IME) du Puits-de Calès à Millau. Comme lui, dix autres jeunes de l’établissement vont glisser leur premier bulletin dans l’une, dimanche prochain. En effet, depuis 2019, le droit de vote est ouvert aux personnes atteintes d’un handicap mental. Près de 400 000 Français sont concernés. Un droit auparavant attribué par le juge des tutelles. Plus de 300 000 personnes en situation de handicap avaient ainsi perdu ce droit inaliénable suite à des décisions de justice.
A l’IME du Puits-de-Calès, qui accueille des jeunes jusqu’à 20 ans, « on les accompagne tout au long de leur parcours pour qu’ils puissent avoir accès au vote », souffle Hélène Bolzan, cheffe de service de l’IME. Pour ce faire, ces primo votants suivent des cours d’éducation civique en classe, mais ils participent également à des ateliers. L’un d’eux, un cours de Vie sociale et professionnelle (VSP) est dispensé par l’IME à raison d*une fois par semaine. « Dans cet atelier, les élèves abordent des notions concernant le social, la sécurité, la vie professionnelle, la carte d’identité, la citoyenneté, les élections, la santé détaille Marie Rivière, éducatrice spécialisée et coordinatrice éducative à l’IME Puits-de-Calès.
Une partie de cet atelier est donc consacrée aux élections, où il sera abordé la notion du vote, le déroulé des élections, les fonctions du chef de l’État… Pour cela, les éducateurs ont recours à des fiches reprenant ces notions suivant la méthode FALC (Facile à lire et à comprendre), méthode consistant à traduire
un langage classique en langage simplifié, en utilisant notamment des pictogrammes. Et pour être en totale immersion, des jeux de rôles sont organisés.
« On élabore des jeux de rôles avec une mise en scène où l’on apprend comment se comporter, prendre plusieurs bulletins, aller dans l’isoloir, glisser l’enveloppe dans l’urne, signer », énumère Marie Rivière. Une formule qui a du succès. « C’est un atelier qu’ils apprécient, on a beaucoup de demandes, constate Laure Bonal monitrice éducatrice. On les met dans une situation où ils ont plus de responsabilité
Un constat partagé par Lucas Vagnet. « Quand on travaillait sur le vote, les jeux de rôles étaient intéressants, ça nous sert car c’est du concret », poursuit le Millavois.
Mais l’IME reste prudent et veut rester neutre, les programmes politiques ne sont pas abordés. « On reste plus ou moins vague, notre action est apolitique », confie Laure Bonal. Une démarche qui a néanmoins le mérite de faire participer tous les Français à la vie publique, quels qu’ils soient.
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